Ces derniers jours, vous avez du recevoir mon premier document de campagne. Pour les malchanceux qui ne l’auraient pas reçu ou qui n’auraient pas eu le temps de le lire, voici une session de rattrapage.
Carnet de campagne
Mercredi 23 mai
Blois. On bosse dur avec Flamingo (notre agence conseil en communication) sur le journal qui doit être distribué à tous les électeurs de la circonscription la semaine prochaine. Le problème n’est pas de savoir quoi dire mais ce qu’il faut supprimer pour que ça tienne.
Radio Plus FM. Ecoutez et jugez. Ca va très vite une émission de radio. Je demande à Nicolas Terrien si je ne parle pas trop vite.
Montrichard. Deuxième réunion publique. Nous sommes une vingtaine. Marc Gricourt est venu à nouveau, soutien amical, discret et précieux. Je réfléchis à haute voix devant les participants. François Hollande a été élu il y a quinze jours seulement. Il est en fonction depuis juste une semaine. Pourtant, la page Sarkozy semble déjà tournée. Notre Président a été immédiatement, complètement, dans la fonction. Son élection a fait sauter un verrou psychologique aussi bien en France qu’en Europe. Son discours sur la croissance est repris partout. Il faut maintenant passer aux actes, mais sans discours nouveau pas de nouvelle politique. Son Premier ministre et son gouvernement, paritaire et divers, séduisent.
Bref, c’est comme si les législatives allaient de soi, devenaient une formalité… Attention les amis, rien n’est gagné ! Nicolas Perruchot fait campagne. Rien n’est acquis avant la clôture du scrutin.
Ce soir, on me pose des questions sur le Front national et sur l’emploi. Elles sont d’ailleurs liées. Il y a une part de conviction dans le vote Le Pen mais il y a aussi du désespoir, des gens qui ont le sentiment d’être laissés sur le bord de la route. Des gens dans les lotissements qui peinent à payer les traites de la maison et l’essence pour les deux voitures nécessaires pour aller au travail et conduire les enfants à l’école ou à leurs activités. Des salariés qu’on jette sous un prétexte ou un autre parce qu’ils atteignent 55 ans, malgré l’expérience qui est la leur.
Ces personnes là, je veux leur parler. Leur dire que notre projet ce sont les emplois d’avenir, le contrat de génération. Dire que l’emploi est aussi derrière les 500.000 logements sociaux par an à mettre en chantier et derrière le million de logements à isoler tous les ans. Il s’agit d’emplois non délocalisables, d’une possibilité de développement pour nos artisans et entreprises.L’emploi est encore derrière la volonté de relancer l’industrie en France avec ce ministère du Redressement productif – nom dont la droite a cru bon de se gausser - confié à Arnaud Montebourg. L’emploi est l’objectif premier de la création d’une banque publique d’investissement et de l’instauration d’un taux différent de l’impôt sur les sociétés en fonction de la taille des entreprises. L’emploi est encore un enjeu de l’arrêt d’une RGPP (la fameuse « révision générale des politiques publiques », avec le non remplacement systématique d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) aveugle. Il est un enjeu de notre volonté de maintien et de retour des services publics sur l’ensemble du territoire.
Mardi 22 mai
Blois. Jusqu’à aujourd’hui, je crois que je n’avais manqué qu’un seul Conseil municipal de Blois (pour une mission en Tunisie, au moment de la chute de Ben Ali). Ce soir j’ai donné délégation à Sylvie Bordier, campagne oblige. J’avais pourtant bien envie de me réjouir avec le Conseil de l’excellent compte administratif 2010 : il acte la progression du désendettement, avec néanmoins un très bon taux de réalisation de la section investissement.
J’avais aussi envie d’aller à la Halle aux grains où se donne ce mardi soir « Portraits blésois, paroles d’habitant ». J’aime l’initiative, j’avais très envie d’y assister. Bon, la campagne a quand même ses impondérables…Saint-Bohaire. Rencontre du maire et des élus de Saint-Bohaire. Bernard Pannequin a l’accueil chaleureux. Je retrouve Mme Coulon que j’ai connue quand elle travaillait à la ville de Blois. Béatrice, ma suppléante et conseillère générale préférée, est dans son canton. Elle y assiste régulièrement aux conseils municipaux, elle connaît et embrasse chaque conseiller. Il me semble naturel de me présenter à tous les maires et conseils municipaux qui le souhaitent.
J’interviens sur l’acte 3 de la décentralisation, programmé par François Hollande. Bernard Pannequin évoque la question de la réserve parlementaire, ces subventions exceptionnelles de l’Etat aux communes et aux associations que chaque parlementaire peut mobiliser. Elu Député, je défendrai évidemment les dossiers des collectivités et mobiliserai autant que possible la réserve parlementaire. Je le ferai dans la transparence et sans bien sur tenir compte de l’éventuelle « couleur » des municipalités. Il n’est pas question pour moi d’avoir une politique clientèliste et de faire des élus locaux des obligés.Bourré. Grâce à Béa qui connaît comme sa poche les routes de la vallée de la Cisse, nous arrivons à l’heure convenue pour rencontrer la municipalité de Bourré. C’est informel et sympathique puisque nous participons à une visite de cave. Jean-Marie Janssens, le conseiller général du cru, est également invité. Le viticulteur est une viticultrice qui a pris la succession de son père. Le papa accompagne sa fille et loue son esprit d’entreprise et d’innovation : tourisme œnologique, recours à un œnologue. Il est particulièrement fier de sa médaille d’or au Concours général de Paris pour une méthode traditionnelle rosé dont je reprendrais volontiers un verre et même plus… sauf qu’il faut aussi que je reprenne la route. Justement, sur la route du retour une escouade de gendarmes procède à des contrôles, à Pontlevoy.
Lundi 21 mai
Blois. Visite de Procter & Gamble. Usine impressionnante par son automatisation. L’activité des salariés consiste essentiellement à piloter les lignes, contrôler la qualité, intervenir en cas de problème. Partenariats avec des entreprises locales dans l’étanchéité, le nettoyage, les automatismes, qui font que l’impact sur l’emploi dépasse de beaucoup le nombre de salariés de cette seule usine. Stratégie pour le développement durable : réduction du taux de zinc rejeté, effort pour utiliser des flacons qui ne sont pas à base de pétrole, lessives efficaces pour des lavages à l’eau froide.
Saint-Gervais-la-Forêt. Salle Jean-Claude Derret, le père de Thierry la Fronde et de Zabou Breitman . C’est notre première réunion publique. Une cinquantaine de personnes. Béatrice Amossé et moi nous partageons les sujets. J’interviens sur les enjeux nationaux et locaux de l’élection, sa logique, les candidats. Je démontre l’intérêt pour notre circonscription, à la fois industrielle et rurale, de permettre à François Hollande de mettre en œuvre son projet. Béa parle de la parité au gouvernement, du retour tant attendu d’un ministère du Droit des femmes, des questions d’environnement. De vraies questions viennent de l’assistance : sur la loi NOME (nouvelle organisation du marché de l’énergie), sur l’emploi. Marc Gricourt est venu en ami et voisin. Le maire de Blois me tresse un panégyrique à faire rougir. La réunion se termine avec du Cheverny blanc et des tartines de chèvre bien sympathiques.
Samedi 19 et dimanche 20 mai
Blois. Marché Louis XII en centre ville, marché Lorjou à la Croix-Chevalier. J’avais choisi de ne pas distribuer de tracts le week-end dernier. Les électeurs ont le droit de respirer. Ils ont besoin de faire une pause entre la présidentielle et les législatives, même si l’identité de durée des mandats et le calendrier des élections font des législatives la conséquence des présidentielles. Ce n’est pas satisfaisant, incite à aller vers une 6ème République. Mais il faut pour l’heure prendre les institutions telles qu’elles sont.
L’urgence, c’est de donner une majorité à François Hollande. Urgence renforcée par les menaces grecques : un effondrement du système bancaire à Athènes, une sortie de la zone euro avec un risque d’effet domino sur le Portugal et l’Espagne, l’Italie… La France est dans la zone de risque. On ne peut même pas en écarter l’Allemagne. Les pays européens sont ses principaux clients. La faillite des débiteurs peut entrainer celle du créancier. C’est aussi pour cette raison que l’Europe, Allemagne comprise, a intérêt à sortir d’une politique qui se résume à l’austérité. Cela commence à se savoir : la demande d’un pacte de croissance formulée pendant la campagne par François Hollande suscite plus que de l’intérêt en Europe comme aux Etats-Unis.
Samedi, les personnes rencontrées sur les marchés étaient détendues, satisfaites du choix du Premier ministre et de la composition de son gouvernement.
Dimanche, peu de monde et de discussions : la pluie froide décourageait toute convivialité.
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